Kassam, l’hymne national de l’Algérie est un symbole puissant, représentant l’identité, les valeurs et l’histoire de l’Algérie. Récemment, l’Algérie a provoqué une vive controverse en rétablissant un couplet retiré de son hymne national Kassaman en 1986. Ce couplet en question appelle l’ancienne puissance coloniale à “rendre des comptes”. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a pris la décision le 21 mai dernier. Ensuite, depuis lors, elle a suscité des débats passionnés parmi les Algériens et a attiré l’attention à l’échelle internationale.

Le contexte historique de Kassaman

Pour comprendre pleinement l’importance et les implications de ce couplet, il est essentiel de se pencher sur le contexte historique de l’Algérie. Le pays a été colonisé par la France pendant plus de 130 ans. C’est une une période marquée par l’exploitation des ressources naturelles, la répression politique et culturelle, ainsi que la perte de millions de vies humaines lors de la lutte pour l’indépendance. L’Algérie a finalement obtenu son indépendance en 1962, mais les cicatrices de la colonisation demeurent profondément ancrées dans la mémoire collective du peuple algérien.

Le retrait du couplet de Kassaman en 1986:

En 1986, le gouvernement algérien avait décidé de retirer ce couplet controversé de l’hymne national Kassaman dans le but de favoriser la réconciliation et de construire des relations plus apaisées avec la France. À l’époque, cela avait été perçu comme un geste de compromis visant à tourner la page de l’histoire coloniale et à promouvoir l’unité nationale en Algérie. Pendant des décennies, l’hymne national algérien a été chanté sans ce couplet incriminé. Ces paroles du troisième couplet sont les suivantes :

« Ô France ! Le temps des palabres est révolu. Nous l’avons clos comme on ferme un livre. Ô France ! Voici venu le jour où il te faut rendre des comptes. Prépare-toi ! Voici notre réponse. Le verdict, notre révolution le rendra. Car nous avons décidé que l’Algérie vivra. Soyez-en témoin ! »

Kassaman

Le rétablissement du couplet de kassaman qui fait polémique en France

Le rétablissement du couplet par le président Abdelmadjid Tebboune a suscité des réactions vives et contradictoires. Pour certains, cela représente une affirmation de la fierté nationale et un rappel des injustices subies pendant la colonisation. Ils soutiennent que la reconnaissance de ces souffrances passées est essentielle pour la guérison collective et le respect de l’histoire algérienne. Cependant, pour d’autres, cela alimente la division, ravive les tensions et entrave les efforts de réconciliation entre les deux pays. Ils affirment que la décision de rétablir le couplet est une action politique opportuniste qui risque de nuire aux relations bilatérales.

Les réactions et les débats

Depuis l’annonce du rétablissement du couplet, les réactions ont été vives. Les partisans du président Tebboune soutiennent que cette mesure est un acte de justice et une reconnaissance des souffrances endurées par le peuple algérien. Ils estiment que la colonisation française doit être confrontée à son passé et que les responsabilités doivent être assumées. D’un autre côté, certains détracteurs soulignent que la resurrection du couplet risque de raviver les tensions et de compromettre les relations diplomatiques entre l’Algérie et la France. Ils affirment que la réconciliation et la construction d’un avenir meilleur nécessitent de laisser derrière soi les divisions du passé.

La polémique s’étend également à la scène internationale, où les observateurs se demandent si le rétablissement de ce couplet peut avoir des conséquences plus larges. Certains pays voisins de l’Algérie, qui ont également connu des périodes de colonisation, pourraient trouver encouragement à réévaluer leurs propres hymnes nationaux et à raviver des sentiments anti-coloniaux. Cela pourrait entraîner une escalade des tensions régionales et compliquer davantage les relations internationales.

Une justice pour les victimes de la colonisation française

Les partisans du rétablissement du couplet soutiennent qu’il est temps pour l’Algérie de prendre en compte son histoire et d’exiger des comptes à rendre à l’ancienne puissance coloniale. Ils affirment que cela permettra d’apporter une forme de justice aux victimes de la colonisation et de prévenir les injustices futures. Selon eux, la reconnaissance de ces souffrances est essentielle pour la guérison nationale et pour éviter que les erreurs du passé ne se répètent.

En revanche, les opposants arguent que la réconciliation et la construction d’un avenir meilleur ne peuvent se faire qu’en tournant la page de l’histoire coloniale. Ils soutiennent que le rétablissement du couplet ne fera qu’attiser les rancœurs et les divisions, et pourrait entraver les efforts de coopération et de développement entre les deux pays. Ils appellent à une approche plus pragmatique qui favorise la réconciliation et la construction d’une relation mutuellement bénéfique.

La colonisation française en Algérie et ses conséquences

La résurgence du couplet controversé dans l’hymne national algérien Kassaman a suscité une vive polémique tant en Algérie qu’à l’échelle internationale. Alors que certains soutiennent que cela représente un acte de justice et une reconnaissance des souffrances passées, d’autres craignent que cela ne ravive les tensions et n’entrave les efforts de réconciliation.

Le débat autour de ce couplet met en évidence les défis complexes que les nations doivent relever lorsqu’elles cherchent à faire face à leur passé colonial. Trouver un équilibre entre la reconnaissance des injustices et la promotion de l’unité et de la réconciliation reste un défi majeur.

L’avenir dira quelle sera l’issue de cette polémique, mais il est certain que la question de la colonisation et de ses conséquences continuera d’animer les débats et de façonner les relations entre les nations concernées.